Partie I : Traumatismes complexes et détresse relationnelle

Par: Katherine Van Meyl, M.A.

« Nous finissons toujours par avoir la même dispute. »

« Je deviens tellement en colère quand il ne m’écoute pas que je sens que je perds le contrôle! »

« Parfois, lorsque nous parlons, je m’évade dans ma tête et je pense à autre chose. »

« Quand je me sens comme ça, je la déteste, ce qui n’a pas de sens parce que je l’aime! »

J’ai remarqué que les gens entament une thérapie relationnelle lorsqu’ils se sentent « coincés », et qu’ils ont « la même dispute » de manière répétée avec leur(s) partenaire(s), ce qui leur procure un sentiment de colère, de ressentiment, de désespoir, de tristesse et de solitude. J’ai rencontré des gens vivre cela, quelle que soit la structure de leur relation (monogame, non monogame, kinky), leur identité de genre et/ou leur orientation sexuelle. Vous n’êtes pas seul·e! Cette situation est plus fréquente que vous ne le croyez.

En général, la situation que vous traversez est précipitée par quelque chose de réel. Par exemple, vous pouvez vous sentir rejeté·e et/ou en colère parce que votre partenaire vous a 

« coupé » la parole au cours d’une conversation. Lorsque vous essayez d’aborder la question avec votre partenaire, celle ou celui-ci se met sur la défensive (« ce n’était pas mon intention! »), ce qui vous met encore plus en colère. À la suite de cette expérience, vous pouvez ressentir le besoin de vous « échapper », vous renfermer sur vous-même ou vous laisser emporter par la colère à un tel point que vous menacez de mettre fin à la relation. La profondeur de vos émotions — c’est-à-dire la mesure dans laquelle vous les ressentez — est souvent le signe que quelque chose de plus complexe se trame. 

Là est la raison d’être de la thérapie : découvrir tous les aspects et les couches de ce qui se passe « sous la surface » dans nos relations et apprendre à différencier nos expériences passées de notre présent.

Si vous et/ou votre (vos) partenaire(s) vous reconnaissez dans ce qui est écrit ici, vous pourriez bénéficier de la thérapie de couple développementale pour traumas complexes (DCTCT). Ce traitement a été mis au point par la Dre Heather MacIntosh, C. Psych., pour aider les couples à faire face aux conséquences à long terme des traumatismes de l’enfance, notamment les traumatismes émotionnels, physiques et sexuels. Un grand nombre de clinicien·nes du CFIR-CPRI ont reçu une formation à cette approche.

L’objectif de la thérapie de couple développementale pour traumas complexes est d’aider les couples à apprendre à tolérer, comprendre et gérer leurs propres émotions et celles de leur partenaire, à comprendre le point de vue de l’autre et à être présent·es et engagé·es pour répondre aux besoins émotionnels et d’attachement de l’autre. 

Le traitement comporte quatre étapes. La 1re étape consiste à établir une relation avec le ou la thérapeute et à comprendre l’impact du traumatisme sur les relations, les styles d’attachement, la sexualité et la honte. Au cours de la 2ere étape, l’accent est mis sur le renforcement des compétences, en particulier les capacités de mentalisation et de maîtrise des émotions. Au cours de la 3e étape, la thérapie vise à comprendre comment vous et votre partenaire pouvez recréer certaines « scènes » traumatiques de l’enfance (les scénarios ci-dessus comportent probablement des éléments qui émanent d’expériences vécues pendant l’enfance). Sans la capacité de mentaliser et de maîtriser nos émotions, la 3e étape pourrait s’avérer trop difficile pour les couples. Enfin, à la 4e étape, l’apprentissage est consolidé et le traitement prend fin. Je vous en dirai plus à ce sujet dans un prochain billet de blogue! Ne manquez pas sa publication dans les prochaines semaines. 

Comme avec la plupart des modèles de traitement comportant des « étapes », les personnes en couple passent d’une étape à l’autre à leur rythme et selon leur gré tout au long du traitement. C’est normal! Ce modèle de traitement est un guide, mais chaque relation est différente et certaines étapes pourraient donc nécessiter plus de temps que d’autres.

Si vous et/ou votre ou vos partenaire(s) souhaitez en savoir plus sur les traumatismes, leur impact sur nos relations et la façon dont ils peuvent être traités, n’hésitez pas à me contacter.

Avec le bon accompagnement, il est possible de commencer à modifier ces schémas relationnels dans votre couple.

Katherine Van Meyl, M.A., est une thérapeute psychodynamique au Centre Pour les Relations Interpersonnelles. Katherine travaille avec des individus, des couples et des familles en prêtant une attention particulière à la détresse relationnelle, aux traumatismes et au SSPT. Katherine est supervisée par le Dr Dino Zuccarini, C. Psych. pour les adultes et les couples et par la Dre Lila Hakim, R. P., C. Psych. pour les familles. 

L’autocompassion, qu’est-ce que c’est?

Par: Natalie Guenette, R.P.

L’autocompassion c’est de reconnaitre la souffrance et la douleur que vous ressentez tout en vous offrant de la bienveillance. L’autocompassion c’est aussi ne pas se juger pour des erreurs et des imperfections, et accepter que cela fait partie de l’expérience humaine. S’offrir de la compassion c’est d’accepter ce qui vous rend humain plutôt que de résister aux obstacles et aux difficultés rencontrées. L’acceptation ne veut pas dire être en accord avec la souffrance ressentie, mais plutôt reconnaitre qu’elle fait partie de votre expérience émotionnelle actuelle. 

Les recherches ont montré une corrélation entre la résilience, la qualité de vie, l’estime de soi et la satisfaction au travail chez les participants qui se sont offerts de l’autocompassion. 

Kristin Neff, psychologue, propose trois éléments clés de l’autocompassion, soit la bienveillance envers soi-même, se connecter au sens d’humanité commune, et la pleine conscience (mindfulness). Être bienveillant signifie de vous offrir le même soutien que vous offririez à une autre personne, en plus d’accepter vos erreurs sans jugement. Le deuxième élément clé de l’autocompassion veut simplement dire de normaliser les difficultés et échecs que vous rencontrez et reconnaitre que cela fait partie de l’expérience humaine partagée par tous. Enfin, la pleine conscience est une pratique qui implique de prendre conscience du moment présent, de vos émotions et pensées tel qu’ils sont.

Les conseillers, psychothérapeutes et psychologues à CFIR sont disponibles pour vous accompagner à développer votre autocompassion et votre bien-être global. Contactez-nous pour prendre rendez-vous https://addme.cloud/form/cfir-intake.  

Lancement officiel du CPRI (Centre pour les relations interpersonnelles – services en français) et de la Clinique TCC en janvier 2023 !