Que puis-je faire pour progresser dans mon processus de changement? Partie 2

Dans cette deuxième partie du blog sur les étapes du changement, quelques techniques vous sont partagées pour vous aider à passer d’un stade à l’autre ou à soutenir un proche qui vit un processus de changement.Notez, cependant, que revenir à une étape précédente n’est pas un échec. Peut-être cela peut-il êtreconsidéré comme un rappel que plus de travail devait être fait à l’étape précédente avant de passer à lasuivante. Les humains changent constamment et s’adaptent à des situations externes et internes; parconséquent, il est normal que notre motivation fluctue également.

  1. Pré-contemplation : À ce stade, comme nous ne sommes peut-être pas encore conscients des conséquences du comportement, il peut être aidant de l’évaluer, et de réfléchir à ce que l’on veut. End’autres termes, nous voulons être plus conscient du comportement et de ses impacts.
    • Comment aider quelqu’un au stade de la pré-contemplation:
      • Offrir votre support et écoute active.
      • Fournir de l’information sur les répercussions du comportement, sans porter de jugement.
  2. Contemplation : Maintenant que vous commencez à connaître les répercussions du comportement,vous serez plus en mesure d’identifier les avantages et les inconvénients d’apporter un changement.Cela peut aider à considérer comment votre vie pourrait être différente si vous modifiez le comportement de quelconque façon.
    • Comment aider quelqu’un à l’étape de la contemplation:
      • Discuter des avantages et des inconvénients du changement avec la personne.
      • Laisser la personne décider elle-même si elle veut changer le comportement.
  3. Préparation : À ce stade, nous voulons identifier tous les obstacles qui peuvent entraver auchangement, ainsi que les compétences et les étapes nécessaires pour y parvenir.
    • Comment aider quelqu’un à l’étape de la préparation:
      • Aider la personne à identifier les obstacles potentiels.
      • Encourager la personne dans sa décision et sa planification.
  4. Action : Ici, nous voulons utiliser votre système de soutien et vos stratégies d’adaptation pour que lechangement se produise aussi longtemps que possible. N’oubliez pas qu’il est normal de revenir à l’étape de la préparation (ou à une autre étape précédente) et de penser à plus d’avantages et d’inconvénients ou d’identifier d’autres obstacles qui ont complexifié la mise en place du plan d’action.
    • Comment aider quelqu’un à l’étape de l’action:
      • Contacter la personne et prenez de ses nouvelles.
      • Rappeler-lui les avantages à long terme de ses objectifs.
      • Jouer un rôle de soutien dans la vie de la personne.
  5. Maintien : Une fois que le plan d’action a été mis en pratique, nous voulons identifier des stratégies etdes outils d’adaptation pour aider à le maintenir pendant une plus longue période de temps. L’idée estd’avoir des outils qui peuvent être utiles pour vous soutenir lorsque vous vivez différentes émotions (parexemple: Vers quoi/vers qui vous tournerez-vous lorsque vous serez heureux? Quand vous êtes triste?Vous sentez-vous à risque de revenir à l’ancien comportement si vous avez une mauvaise journée?)
    • Comment aider quelqu’un à l’étape de la maintenance:
      • Aider la personne à élaborer un plan pour la soutenir à long terme.
      • Rappeler à la personne ses forces et ce qu’elle a accompli jusqu’à présent.

Si vous éprouvez des difficultés à changer un comportement ou si vous avez de la difficulté à soutenir unproche dans son propre processus de changement, sachez qu’il y a des thérapeutes au CFIR-CPRI qui sontdisponibles pour vous soutenir. Nos professionnels sont formés pour vous aider à mieux comprendre ce quivous empêche d’atteindre les changements que vous souhaitez, et de développer votre motivation. Contactez-nous via admin@cfir.ca et un membre de notre équipe se fera un plaisir de vous aider.

Natalie Guenette, M.A., R. P. est une psychothérapeute autorisée qui travaille avec des adultes en anglais eten français. Elle travaille avec un cadre intégratif et fournit des services à ceux qui éprouvent un large éventailde difficultés, y compris la consommation de substances, la dépression, l’anxiété, l’estime de soi et lestraumatismes.

Pourquoi je ne peux pas changer? Partie 1

Vous êtes-vous déjà senti coincé et incapable de changer un comportement ? Vous n’avez pas la motivation de faire le changement nécessaire ? Vous vous sentez comme si ce n’est pas encore le bon moment ? C’est peut-être parce que vous êtes encore ambivalent par rapport au changement. 

Le modèle théorique (Prochaska et al., 1992) décrit 5 étapes que les gens rencontrent lorsqu’ils essaient de changer. Les recherches montrent que ce modèle peut être efficace à changer une variété de comportements, tels que les dépendances (Rahian, N. & Cogburn, M., 2023). Il est important de noter qu’il est commun, et normal, de passer d’une étape à une autre, et même de faire un retour vers une étape que nous avions précédemment « terminée », car le processus de changement n’est PAS linéaire. 

  1. Pré-contemplation : À ce stade, les gens ne voient pas leur comportement comme un problème et, par conséquent, ne pensent pas nécessairement à le changer. Il peut y avoir une résistance à apporter desmodifications et /ou à recevoir de l’aide. On nie souvent le comportement problématique.
  2. Contemplation : Dans cette deuxième phase, les gens commencent à reconnaître que le comportement peutêtre problématique et commencent à envisager un changement. En raison de l’ambivalence autour duchangement, il est fréquent que les gens restent coincés à ce stade pendant un certain temps. À l’étape de lacontemplation, les gens considèrent généralement les avantages et les inconvénients du changement. Par contre, les inconvénients à modifier le comportement continuent de peser plus dans la balance.
  3. Préparation : Les gens s’engagent à changer à ce stade et ont généralement commencé à prendre desmesures pour changer. Un plan d’action est établi, et les avantages du changement l’emportent maintenantsur les inconvénients dans la balance.
  4. Action : À l’étape de l’action, les gens participent activement à la modification de leur comportement. C’estgénéralement le stade le plus court, et aussi l’étape où les gens sont les plus à risque de revenir aucomportement initial, ou, en d’autres termes, de rechuter.
  5. Maintien : Cette dernière étape est atteinte lorsque les gens ont maintenu le changement pendant environ sixmois. Le risque de rechute a diminué, et les gens renforcent leur confiance dans leur capacité à maintenir lesnouvelles stratégies d’adaptation développées tout au long du processus de changement.

Les thérapeutes de CFIR-CPRI peuvent vous aider à vous soutenir dans votre processus de changement pourmieux comprendre ce qui vous empêche d’atteindre les changements que vous espérez, et aussi pourdévelopper votre motivation au changement. Contactez-nous via admin@cfir.ca et un membre de notre équipese fera un plaisir de vous aider.

Natalie Guenette, M.A., R. P. est une psychothérapeute autorisée qui travaille avec des adultes en anglais eten français. Elle travaille avec une approche intégrative et offre des services à ceux qui éprouvent un largeéventail de difficultés, y compris la consommation de substances, la dépression, l’anxiété, l’estime de soi et lestraumatismes.

Comment votre enfant peut-il bénéficier d’une évaluation psychoéducationnelle?

L’école peut être difficile pour les enfants de tout âge, notamment avec les pressions scolaires et sociales qui augmentent àchaque nouvelle année d’études. Les enfants qui éprouvent des difficultés à l’école peuvent être à risque de diversesexpériences négatives telles que l’anxiété, la dépression, une faible estime de soi et des problèmes comportementaux etsociaux. Au fur et à mesure que le temps passe et que les charges de travail augmentent, les enfants en difficulté peuventconstater que les stratégies qui les ont aidés dans le passé ne sont plus aussi efficaces et qu’il faut plus de temps et encoreplus d’efforts pour maintenir le niveau auquel ils performent actuellement. Lorsque les difficultés ne sont pas prises en compte, les enfants peuvent souvent se sentir perdus, sans soutien et désespérés quant à l’avenir. Heureusement, il existedes moyens d’identifier leurs difficultés et de mieux les soutenir à l’école et à la maison. L’une de ces façons est uneévaluation psychoéducationnelle, menée par un psychologue et son équipe concernée.

Qu’est-ce qu’une évaluation psychoéducationnelle?   

Une évaluation psychoéducationnelle aide les enfants de différentes façons. Elle peut aider à:

  • Identifier les force ainsi que les difficultés
  • Déterminer la présence de troubles d’apprentissage et/ou de troubles tels que le TDAH et le TSA
  • Déterminer la présence de la douance    

L’objectif de ce type d’évaluation est de fournir une meilleure compréhension du développement de votre enfant parrapport aux autres enfants de son âge, et peut aider votre enfant à obtenir le soutien dont il a besoin à l’école. Le rapportreçu suite à cette évaluation peut être partagé à l’école de votre enfant pour l’informer des types de soutien oud’accommodement dont votre enfant pourrait bénéficier afin qu’il puisse fonctionner au mieux de ses capacités (p. ex.,temps supplémentaire, soutien individuel). L’évaluation peut même servir de base pour surveiller les progrès et leschangements au fil du temps, tout au long de la carrière scolaire de votre enfant (dans le cas d’évaluations multiples).

Une évaluation psychoéducationnelle peut vous fournir, à vous et à votre enfant, une meilleure compréhension d’eux-mêmes, de leurs capacités, et peut les préparer à apprendre de nouvelles stratégies pour les aider à réussir à l’école et dans d’autres sphères de leur vie.

Si vous croyez qu’une évaluation psychoéducationnelle peut être utile pour votre enfant, les cliniciens du CFIR-CPRI sont prêts à vous soutenir dans ce processus. Contactez-nous via admin@cfir.ca et un membre de notre équipe se fera unplaisir de vous aider.

Massimo Di Domenico, M.A.,is a therapist working under the supervision of Dr. Nalini Iype, C.Psych. and is also working towards the completion of his PhD in Clinical Developmental Psychology. He provides both treatment and assessment services to individuals of all ages – children, adolescents, and adults. Working with an integrative framework, he treats those suffering from depression and anxiety, difficulties in social relationships, and concerns related to parenting and family dynamics. For those seeking answers on how they, or their child, learn or work best, he also provides assessment services for learning disorders and ADHD.

Comment les hommes répondent-ils au stigma entourant la santé mentale?

Les personnes de tous les genres, de tous les âges et de toutes les origines sont touchées par la stigmatisation entourant la santé mentale. La dépression, l’anxiété et d’autres troubles de santé mentale ne sont souvent pas traités aussi sérieusement que les maladies physiques en raison de la stigmatisation qui est complexe et omniprésente. Les défis au niveau de la santé mentale sont stigmatisés depuis longtemps, principalement en raison d’un manque de sensibilisation à ces maladies. Pour les hommes, cette stigmatisation est susceptible d’être plus sévère et complexe.

L’une des causes sous-jacentes de cette problématique est la masculinité toxique que l’on retrouve dans la société. Certains hommes peuvent avoir tendance à se ronger de l’intérieur afin de paraître forts à l’extérieur. Ceci est généralement fait pour éviter de paraître « faible », ce qui est une qualité que notre culture dévalorise principalement chez les hommes.

Les hommes ont souvent du mal à se sentir suffisamment en sécurité pour tendre la main et obtenir de l’aide pour leur dépression, anxiété, et autres défis, par peur d’être jugés et rejetés. Par conséquent, les hommes au Canada sont trois fois plus susceptibles que les femmes de se suicider (https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/donees-suicide-canada-infographique.html). Les hommes peuvent trouver plus difficile d’obtenir de l’aide pour leur santé mentale avant de se suicider, ce qui pourrait être une explication à ce phénomène.

Nous devons continuer à lutter contre ce stigma si nous voulons inverser ce déséquilibre. En tant que société, nous devons changer la façon dont nous percevons la santé mentale pour les personnes de tous les genres. Le besoin de soutien en santé mentale doit être normalisé, et toutes les personnes doivent avoir accès à ces services. Il est important de comprendre que, peu importe notre âge, notre sexe, nos antécédents ou d’autres caractéristiques, les problèmes de santé mentale sont sans aucun doute de véritables difficultés qui peuvent être incapacitantes pour quiconque en souffre.

Si vous êtes un homme qui éprouve des défis au niveau de votre santé mentale, sachez que vous n’avez pas à tout faire par vous-même. Être vulnérable et chercher de l’aide est un signe de courage. Sara Gharibi, M.Psy., R. P., est Psychothérapeute Autorisée au Centre pour les relations interpersonnelles. Elle offre de la psychothérapie axée sur les traumatismes en mettant l’accent sur la santé mentale des adultes qui souffrent d’anxiété sociale, d’anxiété généralisée, d’épuisement professionnel, de dépression et d’autres difficultés de santé mentale. Sara offre des services de psychothérapie en anglais, en français et en farsi.

DEUIL: Deuxième partie : Traverser un processus de deuil

De Dr. Karine Côté, C.Psych.

Personne n’est à l’abri de vivre des expériences de pertes et de deuil, telles qu’une séparation, perte d’autonomie, changement dans notre mode de vie, licenciement, perte d’un être cher… Voici quelques stratégies pouvant aider à traverser l’expérience du deuil. 

Stratégies pour gérer le deuil

1) Étiqueter nos émotions, nos pensées et nos réactions, reconnaître qu’elles font partie intégrante d’un processus de deuil. Lorsque j’ai des clients endeuillés qui s’interrogent sur leur perte de motivation, leur difficulté à se concentrer ou à contrôler leurs émotions, je les invite à qualifier leur expérience comme une réaction normale liée à leur processus de deuil. Plus l’on comprend notre expérience, plus il est facile de la normaliser.

2) Consacrer du temps au contact et à l’expression des émotions. Nous savons que plus nous évitons les émotions, plus elles seront intenses et douloureuses. Être intentionnel avec quand et comment nous voulons exprimer nos émotions peut nous aider à mieux les gérer. Cela peut inclure la tenue d’un journal, regarder un film triste pour provoquer des pleurs ou parler à quelqu’un qui peut offrir de l’écoute active et du soutien.

Ces deux premières stratégies doivent aussi être suivies d’actions pour prendre soin de soi :

3) Pratiquer des activités d’autosoins régulièrement. J’encourage mes clients à identifier ce qui leur apporte de la joie et du réconfort, ce qui les aide à se sentir eux-mêmes, puis à l’intégrer dans leur routine quotidienne. Cela peut inclure l’activité physique, prendre de longs bains, socialiser, caresser son animal de compagnie – le but de ces activités est d’apporter un certain niveau d’apaisement.

4) S’offrir de l’autocompassion. Lorsque nous traversons une période difficile, la dernière chose dont nous avons besoin est de nous juger dans notre expérience. J’invite mes clients à s’offrir la même empathie qu’ils offriraient à tout autre être humain.

5) Demander du soutien. Bien sûr, il est important de prendre le temps de traiter notre propre expérience – mais nous avons aussi besoin du soutien de nos proches. J’invite toujours mes clients à contacter leur cercle de soutien, et à reconnaître qu’ils seraient présents pour leurs proches s’ils se trouvaient dans une situation similaire. Je leur rappelle aussi que le deuil est universel, les autres peuvent souvent nous comprendre mieux que l’on ne le croyait. Je les aide à reconnaître qu’ils ne sont pas un fardeau, mais un être humain qui traverse une expérience humaine et qui a besoin d’un contact humain.

Quand est-il important d’aller consulter en thérapie ? 

Il peut être important de consulter un professionnel de la santé mentale lorsque nous nous sentons coincés dans notre processus de deuil ou que nous pouvons identifier des signes de deuil complexe, tels que :

  • la douleur liée à la perte ne s’estompe pas
  • le fonctionnement quotidien est significativement impacté, incluant changements dans le sommeil et l’appétit
  • sentiments intenses de tristesse, de désespoir et de détachement
  • colère persistante
  • difficulté marquée d’accepter la perte
  • tendance à éviter tous stimuli qui rappellent la perte
  • incapacité à se concentrer sur autre chose que la perte
  • aucune capacité d’adaptation pour faire face à la perte
  • pensées et comportements autodestructeurs

Dans notre équipe au CPRI, nous avons de nombreux professionnels formés pour aider les individus à mieux comprendre leur deuil, ainsi que leurs émotions et besoins qui lui sont associés, à développer des stratégies d’adaptation, à apprendre à partager leurs expériences et besoins avec leurs proches et à redéfinir leur nouvelle normalité. N’hésitez pas à nous contacter et il nous fera plaisir de vous soutenir ! 

Dr. Karine Côté, C.Psych. est une psychologue et superviseure clinique au Centre pour les relations interpersonnelles (CPRI). Dr. Côté offre des services psychologiques aux adultes et aux couples éprouvant un large éventail de difficultés psychologiques et relationnelles liées aux troubles de l’humeur et anxieux, traumatismes, troubles alimentaires, troubles du sommeil et les blessures d’attachement. Elle travaille à partir d’une approche humaniste et intégrative, puisant dans diverses modalités de traitement, telles que l’approche psychodynamique et basée sur la mentalisation, la thérapie centrée sur les émotions et la thérapie fondée sur l’auto-compassion.

DEUIL: Première partie – Comprendre un processus de deuil

De Dr. Karine Côté, C.Psych.

Qu’est-ce que le deuil ?

Le processus de deuil est une expérience universelle. Le deuil peut être associé à différents types de perte, et peut provoquer un large éventail d’émotions et de réactions. Nous pouvons vivre un deuil émotionnellement, physiquement et mentalement, et sa durée, son intensité et sa gravité peuvent varier.

Le processus du deuil est typiquement lié à 5 étapes distinctes : 

  1. Le déni 
  2. La colère 
  3. La négociation 
  4. La dépression 
  5. L’acceptation 

Les étapes du deuil sont souvent présentées comme une séquence linéaire. Toutefois, le déni, la colère, la négociation et la dépression peuvent apparaître dans un ordre différent, une ou quelques étapes peuvent ne pas être présentes, ou peuvent apparaître plus d’une fois au cours d’un processus de deuil. En thérapie, il est important de valider et de normaliser l’expérience du client, de l’aider à comprendre leurs propres émotions et réactions, ainsi que leurs besoins sous-jacents.

Reconnaître les divers types de pertes

Le deuil peut être associé à un large éventail de pertes diverses. Il est souvent associé au décès d’un proche, mais il peut aussi être associé à :

  • Séparation ou divorce
  • Mortinaissance ou fausse couche
  • Maladie grave personnelle ou chez un proche
  • Perte d’indépendance ou d’autonomie
  • Perdre un emploi ou une opportunité
  • Changement significatif du mode de vie ou de la situation financière
  • Perdre les idéaux que nous avions pour nous-mêmes ou pour les autres

Distinction entre le deuil normal et le deuil complexe

Il est possible de différencier un « deuil normal » et un « deuil complexe ».

Le deuil normal est généralement associé à des pleurs, des troubles du sommeil, une perte d’énergie, des changements d’appétit, un isolement social, des difficultés de concentration, ainsi que des sentiments de colère, de culpabilité, de tristesse et de vide. Le deuil normal n’a pas de durée définie, mais après quelques semaines ou quelques mois, la « nouvelle normalité » s’installe tranquillement et nous apprenons à faire face à la perte.

Dans le deuil complexe, la douleur liée à la perte ne s’estompe pas et impacte significativement le fonctionnement quotidien. Le deuil complexe est associé à des sentiments intenses de tristesse, de désespoir et de détachement, à une colère persistante et à une difficulté à accepter la perte, à une tendance à éviter tout rappel de la perte, à une incapacité à se concentrer sur autre chose que la perte et à des pensées et des comportements autodestructeurs. Le deuil complexe peut être compris comme l’absence de capacités d’adaptation pour faire face à la perte.

Restez à l’affût à la deuxième partie de ce blog, où Dr. Karine Côté, psychologue clinicienne, offrira ses recommandations concrètes pour faciliter la gestion d’un processus de deuil.

Dr. Karine Côté, C.Psych. est une psychologue et superviseure clinique au Centre pour les relations interpersonnelles (CPRI). Dr. Côté offre des services psychologiques aux adultes et aux couples éprouvant un large éventail de difficultés psychologiques et relationnelles liées aux troubles de l’humeur et anxieux, traumatismes, troubles alimentaires, troubles du sommeil et les blessures d’attachement. Elle travaille à partir d’une approche humaniste et intégrative, puisant dans diverses modalités de traitement, telles que l’approche psychodynamique et basée sur la mentalisation, la thérapie centrée sur les émotions et la thérapie fondée sur l’auto-compassion.

Partie I : Traumatismes complexes et détresse relationnelle

Par: Katherine Van Meyl, M.A.

« Nous finissons toujours par avoir la même dispute. »

« Je deviens tellement en colère quand il ne m’écoute pas que je sens que je perds le contrôle! »

« Parfois, lorsque nous parlons, je m’évade dans ma tête et je pense à autre chose. »

« Quand je me sens comme ça, je la déteste, ce qui n’a pas de sens parce que je l’aime! »

J’ai remarqué que les gens entament une thérapie relationnelle lorsqu’ils se sentent « coincés », et qu’ils ont « la même dispute » de manière répétée avec leur(s) partenaire(s), ce qui leur procure un sentiment de colère, de ressentiment, de désespoir, de tristesse et de solitude. J’ai rencontré des gens vivre cela, quelle que soit la structure de leur relation (monogame, non monogame, kinky), leur identité de genre et/ou leur orientation sexuelle. Vous n’êtes pas seul·e! Cette situation est plus fréquente que vous ne le croyez.

En général, la situation que vous traversez est précipitée par quelque chose de réel. Par exemple, vous pouvez vous sentir rejeté·e et/ou en colère parce que votre partenaire vous a 

« coupé » la parole au cours d’une conversation. Lorsque vous essayez d’aborder la question avec votre partenaire, celle ou celui-ci se met sur la défensive (« ce n’était pas mon intention! »), ce qui vous met encore plus en colère. À la suite de cette expérience, vous pouvez ressentir le besoin de vous « échapper », vous renfermer sur vous-même ou vous laisser emporter par la colère à un tel point que vous menacez de mettre fin à la relation. La profondeur de vos émotions — c’est-à-dire la mesure dans laquelle vous les ressentez — est souvent le signe que quelque chose de plus complexe se trame. 

Là est la raison d’être de la thérapie : découvrir tous les aspects et les couches de ce qui se passe « sous la surface » dans nos relations et apprendre à différencier nos expériences passées de notre présent.

Si vous et/ou votre (vos) partenaire(s) vous reconnaissez dans ce qui est écrit ici, vous pourriez bénéficier de la thérapie de couple développementale pour traumas complexes (DCTCT). Ce traitement a été mis au point par la Dre Heather MacIntosh, C. Psych., pour aider les couples à faire face aux conséquences à long terme des traumatismes de l’enfance, notamment les traumatismes émotionnels, physiques et sexuels. Un grand nombre de clinicien·nes du CFIR-CPRI ont reçu une formation à cette approche.

L’objectif de la thérapie de couple développementale pour traumas complexes est d’aider les couples à apprendre à tolérer, comprendre et gérer leurs propres émotions et celles de leur partenaire, à comprendre le point de vue de l’autre et à être présent·es et engagé·es pour répondre aux besoins émotionnels et d’attachement de l’autre. 

Le traitement comporte quatre étapes. La 1re étape consiste à établir une relation avec le ou la thérapeute et à comprendre l’impact du traumatisme sur les relations, les styles d’attachement, la sexualité et la honte. Au cours de la 2ere étape, l’accent est mis sur le renforcement des compétences, en particulier les capacités de mentalisation et de maîtrise des émotions. Au cours de la 3e étape, la thérapie vise à comprendre comment vous et votre partenaire pouvez recréer certaines « scènes » traumatiques de l’enfance (les scénarios ci-dessus comportent probablement des éléments qui émanent d’expériences vécues pendant l’enfance). Sans la capacité de mentaliser et de maîtriser nos émotions, la 3e étape pourrait s’avérer trop difficile pour les couples. Enfin, à la 4e étape, l’apprentissage est consolidé et le traitement prend fin. Je vous en dirai plus à ce sujet dans un prochain billet de blogue! Ne manquez pas sa publication dans les prochaines semaines. 

Comme avec la plupart des modèles de traitement comportant des « étapes », les personnes en couple passent d’une étape à l’autre à leur rythme et selon leur gré tout au long du traitement. C’est normal! Ce modèle de traitement est un guide, mais chaque relation est différente et certaines étapes pourraient donc nécessiter plus de temps que d’autres.

Si vous et/ou votre ou vos partenaire(s) souhaitez en savoir plus sur les traumatismes, leur impact sur nos relations et la façon dont ils peuvent être traités, n’hésitez pas à me contacter.

Avec le bon accompagnement, il est possible de commencer à modifier ces schémas relationnels dans votre couple.

Katherine Van Meyl, M.A., est une thérapeute psychodynamique au Centre Pour les Relations Interpersonnelles. Katherine travaille avec des individus, des couples et des familles en prêtant une attention particulière à la détresse relationnelle, aux traumatismes et au SSPT. Katherine est supervisée par le Dr Dino Zuccarini, C. Psych. pour les adultes et les couples et par la Dre Lila Hakim, R. P., C. Psych. pour les familles. 

L’autocompassion, qu’est-ce que c’est?

Par: Natalie Guenette, R.P.

L’autocompassion c’est de reconnaitre la souffrance et la douleur que vous ressentez tout en vous offrant de la bienveillance. L’autocompassion c’est aussi ne pas se juger pour des erreurs et des imperfections, et accepter que cela fait partie de l’expérience humaine. S’offrir de la compassion c’est d’accepter ce qui vous rend humain plutôt que de résister aux obstacles et aux difficultés rencontrées. L’acceptation ne veut pas dire être en accord avec la souffrance ressentie, mais plutôt reconnaitre qu’elle fait partie de votre expérience émotionnelle actuelle. 

Les recherches ont montré une corrélation entre la résilience, la qualité de vie, l’estime de soi et la satisfaction au travail chez les participants qui se sont offerts de l’autocompassion. 

Kristin Neff, psychologue, propose trois éléments clés de l’autocompassion, soit la bienveillance envers soi-même, se connecter au sens d’humanité commune, et la pleine conscience (mindfulness). Être bienveillant signifie de vous offrir le même soutien que vous offririez à une autre personne, en plus d’accepter vos erreurs sans jugement. Le deuxième élément clé de l’autocompassion veut simplement dire de normaliser les difficultés et échecs que vous rencontrez et reconnaitre que cela fait partie de l’expérience humaine partagée par tous. Enfin, la pleine conscience est une pratique qui implique de prendre conscience du moment présent, de vos émotions et pensées tel qu’ils sont.

Les conseillers, psychothérapeutes et psychologues à CFIR sont disponibles pour vous accompagner à développer votre autocompassion et votre bien-être global. Contactez-nous pour prendre rendez-vous https://addme.cloud/form/cfir-intake.  

Naviguer les dynamiques interpersonnelles complexes durant la période des fêtes

Dr. Karine Côté, C.Psych.

Pour plusieurs, la période des fêtes est marquée par des beaux et mémorables moments. Toutefois, nous ne pouvons pas omettre que ce temps « magique » de l’année peut aussi être influencé par des stresseurs significatifs, tels que ressentir la pression de trouver des cadeaux, planifier et préparer des événements, se sentir obligé de voyager et de participer aux différents événements familiaux, des moments qui peuvent déclencher des sentiments d’isolement, tristesse et deuil… Même si nous pouvons ressentir une réelle partie de nous qui désire apprécier la saison des fêtes, nous pouvons aussi avoir une autre partie qui la redoute.

La saison des fêtes semble également avoir changée depuis les dernières années. La pandémie et ses divers impacts nous ont obligés à ralentir et à être plus créatifs dans nos façons de socialiser et de pratiquer les activités d’auto-soins. Elle a aussi apporté plusieurs formes de pertes et de deuils. À titre de psychologue clinicienne, je continue à soutenir mes clients à gérer leur déception et tristesse liée à la célébration des fêtes qui s’est transformée dans les dernières années. Je valide aussi mes clients qui ressentent du soulagement lorsqu’ils ne se sentent pas obligés à gérer les pressions des fêtes habituelles.

Une difficulté qui semble réapparaître maintenant que les contacts sociaux sont plus permis et attendus est l’obligation de faire face aux dynamiques interpersonnelles complexes. Que ce soit une relation difficile avec un parent, un membre de la fratrie, la belle-famille ou des amies, naviguer celle-ci peut être difficile. À travers mes lunettes cliniques, je considère que les fêtes peuvent représenter une excellente opportunité pour réfléchir sur ses besoins et limites, et considérer à s’ajuster dans notre façon de réagir dans nos dynamiques interpersonnelles plus tumultueuses, et peut-être même développer plus d’aisance dans celles-ci.

Réfléchir à vos idéaux

Les relations complexes sont souvent alimentées par des idéaux non remplis par l’autre (p.ex. votre parent, frère, sœur, amie, etc.). Lorsque l’autre dit ou réagit d’une façon qui déclenche de la tristesse, frustration ou déception, cette émotion est souvent liée à un besoin ou idéal qui n’est encore une fois pas rencontré.

Exemple : Lorsqu’une mère dit un commentaire négatif ou une critique, la colère et tristesse immédiates peuvent être liées à un besoin d’être validée ou valorisée par elle – et non seulement liées au commentaire comme tel. L’idéal d’avoir une mère qui est chaleureuse et validante et le besoin de valorisation n’est toujours pas rencontré.

Validez vos besoins et émotions 

Pour réguler les émotions liées à idéaux qui ne sont pas rencontrés ou respectés, il est important de les valider et de prendre soin du besoin sous-jacent. Il est normal de se sentir déçu dans un contexte relationnel insatisfaisant, mais nous pouvons également nous offrir ce dont nous avons besoin, comme la compassion, reconnaissance et motivation.

Exemple : La colère et la tristesse qui résultent des critiques reçues par la figure d’attachement sont normales. Le besoin de recevoir des encouragements et de la compassion est valide. Être capable de se valider dans nos émotions et besoins peut diminuer l’activation émotionnelle, et permet de rencontrer nos besoins de façon interne (p.ex. « Il est normal que je me sente comme ça, je peux reconnaître mes propres accomplissements »). 

Pratiquer la différentiation

La difficulté d’un proche à rencontrer nos besoins et idéaux est souvent liée à lui/elle, et pas entièrement à soi. En raison de leurs propres limites, expériences et besoins, ils peuvent parfois être limités dans leur habileté à rencontrer nos idéaux. Pratiquer la différentiation, ou reconnaître ce qui nous appartient et ce qui appartient à l’autre, peut aider à réguler les émotions négatives. 

Exemple : La mère tend à être très dure envers elle-même, et à avoir de la difficulté à célébrer ses victoires et sa valeur – ainsi, il est difficile pour elle de l’offrir aux autres. Sa tendance à critiquer les autres est liée à son auto-critique, et ne reflète pas la valeur ou les habiletés des autres.

Apprécier le positif qui existe dans la relation

Très souvent, ce n’est pas parce que certains besoins et idéaux ne sont pas rencontrés que toute la relation est négative. Après avoir valider ses propres émotions, identifier les besoins sous-jacents, et pratiquer la différentiation, il est plus facile de connecter avec les aspects positifs de l’interaction.

Exemple : Même si la mère exprime des critiques, elle est aussi chaleureuse d’autres façons, tels qu’en préparant des repas pour la famille, jouer avec les petits-enfants, appeler souvent, envoyer un cadeau personnalisé, etc. La critique peut certainement faire mal, mais ne représente pas nécessairement l’entièreté de la relation.

Affirmer vos besoins et limites

Parfois, affirmer ses besoins et limites peut être nécessaire pour maintenir une relation saine et pour connecter avec l’autre. Parler en « je » lorsque nous sommes calmes peut nous aider à recevoir ce dont nous avons besoin de l’interaction, et même offrir une opportunité de réparation.

Exemple : Affirmer que la critique reçue il y a quelques jours a fait mal et que des encouragements auraient été plus aidant peut potentiellement aider la mère à comprendre nos besoins et limites – et l’amener à réfléchir sur sa tendance à être très critique par rapport aux autres.

En résumé, naviguer des relations complexes peut être difficile – particulièrement pendant la saison des fêtes. Prendre le temps et l’espace pour refléter sur ses besoins et prendre soin de notre expérience interne peut avoir des impacts positifs sur notre bien-être, ainsi que sur la qualité de nos relations. Si vous avez besoin de soutien pour apprendre à mieux gérer les relations interpersonnelles complexes dans votre vie, les professionnels du CPRI sont disponibles pour vous soutenir et entamer un processus de réparation relationnelle. 

Dr. Karine Côté, C.Psych, est une psychologue au Centre pour les relations interpersonnelles (CPRI). Dr. Côté offre des services psychologiques aux adultes et couples qui vivent avec une diversité de difficultés psychologiques et relationnelles liées aux troubles de l’humeur et de l’anxiété, trauma, troubles alimentaires, perturbations de sommeil, et difficultés relationnelles. Elle travaille à partir d’une approche humaniste en intégrant des techniques thérapeutiques de la psychothérapie expérientielle et des relations d’objet, centrée sur les émotions (TCÉ) et cognitive-comportementale (TCC).